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INTERVIEWER : Bonjour à tous, nous sommes en compagnie de You, Alexine, Christelle et Virginie !

QUESTION : Est-ce que vous vous connaissiez avant de travailler sur ces albums ?

ALEXINE : Virginie et moi on se connaissait depuis pas mal de temps déjà. Le reste de l’équipe ne se connaissait pas.

CHRISTELLE : Je connaissais Virginie, on s’était croisées en festival.

VIRGINIE : On avait sympathisé au festival Bd au féminin d’Henny mais à ce moment il n’y avait pas la collection Sorcières dans les tuyaux.

ALEXINE : Pour You et moi, c’est un peu compliqué. On ne s’est quasiment pas vues pendant la création de la BD, on s’est juste croisées à la fin. Tout le travail s’est passé par mail, téléphone, MSN.

YOU : Nous avons eu une complicité qui s’est faite via internet, on s’est très bien entendues et même si la communication était hors norme on se comprenait sans se voir.

QUESTION : Comment se retrouve-t-on à travailler sur un album de sorcières ?

VIRGINIE : Lucien Rollin, ami d’Alexine et moi-même et par ailleurs dessinateur de BD connaissait notre goût du fantastique et nous a appelées pour nous dire qu’il voulait monter une collection sur les sorcières et savoir si nous étions intéressées. Il savait un peu que ça allait nous intéresser Alexine et moi. Au début on avait juste l’idée de la sorcière mais Bénédicte Gourdon a rejoint l’équipe rapidement. A partir de l’idée des sorcières, on a discuté entre nous 4 pour voir le chemin que ça allait prendre, on a commencé à travailler le synopsis chacune de son côté, voir dans quelle mesure on pouvait instaurer un fil rouge entre les albums. Et puis ça a pris forme. On était satisfaites des synopsis et des intrigues en général. Puis nous sommes allées voir les éditeurs jusqu’à ce que Dupuis dise OK. Puis nous avons cherché les dessinatrices puisque l’idée d’en faire une collection d’auteures est venue de fil en aiguille pendant l’écriture et pendant la discussion avec les éditeurs. On s’est déterminées pour qu’il n’y ait que des auteures femmes pour cette collection.

CHRISTELLE : Mais les BD sont pour tout public !

ALEXINE : C’est vrai que le terme de sorcières n’est pas venu totalement par hasard. Simplement Lucien Rollin est fan d’Anne Rice qui a fait une trilogie sur les sorcières dont je suis moi-même fan, Virginie a publié sur les sorcières.

VIRGINIE : Oui, moi j’ai publié des nouvelles fantastiques en Librio, les premiers albums que j’ai faits chez "Clair de lune" sont des albums totalement fantastiques, d’histoire de vampires, l’autre dans le Londres du 19è siècle sur les aventures ésotériques de Conan Doyle donc de là la sorcellerie et les potions magiques (etc.) font partie de mon imaginaire.

ALEXINE : Je suis moi-même passionnée de sorcières donc quand on nous a proposé ce projet, il ne s’est pas adressé à nous par hasard !

QUESTION : Comment avez-vous choisi l’époque ?

ALEXINE : A la base je suis surtout partie sur le lieu, l’époque était surtout importante au niveau des recherches afin qu’on ait assez d'informations historiques. On savait que si on partait vers le médiéval on trouverait moins d’informations, maintenant l’histoire aurait pu se passer un peu avant un peu après, c’est pour ça qu’on n’a pas placé d’époque stricte sur "Bianca". On avait vraiment l’intention de rester sur une période fin médiéval début renaissance il n’y avait pas de restrictions là-dessus.

QUESTION : Le but était d’aborder le thème des sorcières il n’y avait pas de contraintes d'époque ?

VIRGINIE : Non, "Bianca" se passe dans un entre deux médiéval-renaissance, "Hypathie" dans l’Antiquité mais là c’est un personnage historique qui a existé. J’ai préféré travailler sur l’Antiquité parce que c’est une période que je trouve extrêmement riche avec des femmes fortes et il y a de très grandes sorcières dans l’Antiquité. Notamment, à la base, il devait y avoir le personnage de Circé et une teinte plus fantastique mais ça s’est recadré au fur et à mesure de l’écriture. Mais dans la collection à venir, et c’est ce qui est très bien et très riche, le thème de la sorcière est exploré quelles que soient les époques et certains albums sont plus actuels et contemporains. "Nina" par Bénédicte Gourdon se passe de nos jours à Bordeaux.

YOU : Il n’y a pas de restrictions, on m’a dit que "sorcières" était restrictif mais non au contraire, on peut considérer comme sorcière une personne un peu différente des autres comme des gens qui connaissent la médecine ou la philosophie tout simplement. Donc si on élargit le thème on peut avoir vraiment des choses inépuisables pour faire des histoires à l’infini.

QUESTION : Vous vous attachez moins au pouvoir des sorcières qu’à leurs relations sociales.

YOU : À la radio belge, on m’avait aussi posé ce genre de questions car on est touchés par le fait que ce qui a le plus marqué l’histoire de la sorcellerie c’est la peur, la menace, le fait qu’on les mettait sur les bûchers. Il y a du fantastique mais si on s’appuie sur les pouvoirs magiques il y a énormément de BD qui font ça nous on voulait s’appuyer sur quelque chose de différent et tout ce qui touche la sorcellerie.

QUESTION : La grand-mère dans "Bianca" fait super peur comment est venu ce perso tout puissant ?

YOU : Je ne l’ai pas vraiment réussie au début, malgré beaucoup de recherches. Je l’ai faite de nombreuses manières de façon italienne, de façon plus classique… Je n’arrivais pas à l’avoir et je suis quelqu’un de plutôt exigeant et quand ça ne va pas ça ne va pas ! Et puis il y avait Alexine derrière moi qui disait "non ça va pas" et je désespérais. Même pour les planches d’essai ce n’était pas la matriarche que vous connaissez maintenant. Je l’ai vraiment captée à la page 4. J’ai réussi à l’avoir à ce moment là. Je n’en pouvais plus de la faire au brouillon. Je l 'ai faite sur la planche même en me disant "J’y vais !" et elle est venue comme ça du premier coup. C’était magique ! J’ai recommencé la planche 1 où est venu le visage de la matriarche. Je n’ai pas d’explications sur pourquoi il est comme ça c’est venu tout naturellement.

ALEXINE : Le personnage de la matriarche est quelqu’un de très fort et il était difficile de la cerner. Je voulais la rendre très forte. C’est un personnage féminin qui ne dirige pas simplement sa famille mais qui dirige Venise et il fallait que ce soit un personnage tout puissant. C’est vrai que j’ai été un peu difficile avec You là-dessus parce qu’il fallait qu’on sente que c’était un personnage dur et qui pouvait tout diriger, très calculateur, très froid !

QUESTION : Au niveau des dessins, quelles ont été vos sources d’inspirations ?

CHRISTELLE : Ce n’était pas les sorcières. Nous c’était Alexandrie 400 ans av JC. Il fallait donc trouver une documentation qui soit à la fois sur l’Egypte, grecque et romaine. Alexandrie à l’époque était le New York de maintenant ! Donc l’intérêt était finalement de mélanger toutes les civilisations. Au niveau de la sorcière c’était une femme savante donc habillée comme tout le monde donc pas de doc spécifique. J’ai pas mal regardé de séries, de films, pour m’imprégner de l’époque des couleurs et travailler avec Patricia Faucon la coloriste.

YOU : On a tapé partout ! Pour ce qui est de Carmine c’était Claudia dans entretien avec un vampire ! Je veux dire par là que c’est une petite fille fragile mais pas innocente. Le personnage qui est dans le film d’Anne Rice était exactement comme on le voulait. Donc les personnes qui connaissent verront la ressemblance. Pour la nonne c’est ma grand-mère. Ça a été un moment où je feuilletais des photos de famille et je suis tombée sur une photo de ma grand-mère et c’était le moment où on devait créer Nonna donc je l’ai envoyée et Alexine a dit Ok tout de suite. Par contre pour les autres persos comme c’était mon premier album j’ai eu peur d’avoir des incohérences, donc j’ai pris beaucoup de références dans un livre qu’on m’avait donné pour les attitudes et les personnages. Et j’ai eu un livre des années 50/60 et on m’a fait le reproche que ça ressemblait fort a des dessins rétros. Et je m’en suis rendu compte ! Alors je m’en suis éloignée. J’ai fermé le livre et je me suis laissée aller !

QUESTION : Faut-il lire les albums de la collection sorcières dans un ordre particulier ?

TOUTES : SURTOUT PAS ! Au début le titre « sorcières » était en grand et les noms des sorcières en petit en dessous. Tout le monde a cru que le titre était sorcières et qu’il y avait un ordre ! Mais c’est faux ! C’est une série concept, une collection avec juste un en-tête comme "7" chez Delcourt (les histoires tournent autour du "7")… Ce sont des histoires indépendantes ! Il n y a pas de numéros dans la présentation de l’album ! Ce ne sont que des One-shot !

QUESTION : Êtes-vous un peu sorcières dans votre vie de tous les jours ?

YOU : Je suis plutôt extraterrestre, j’ai ma planète, tout le monde me le dit ! Tout le monde m’a dit que je possédais une planète rien qu’à moi ! Même mon site web qui arrivera d’ici peu s’appellera planète you. Je suis déjantée ! A une autre époque j’aurais été brûlée !

VIRGINIE : Dès qu’on est un peu atypique on est sorcière.

CHRISTELLE : Quand on est une femme et qu’on veut se faire entendre on est une sorcière.

QUESTION : Quelle est la place des femmes dans la BD en France aujourd’hui ?

VIRGINIE : Ca dépend, la question est un peu tendancieuse car poser la question sous cette forme ça implique qu’elles sont marginalisées etc… Les chiffres sont ce qu’ils sont à savoir 10% de créatrices en BD sur le panel de la profession. C’est à peu près les mêmes grilles dans la finance, dans la recherche, dans la science, les métiers un peu de culture ou prestigieux les femmes n’y ont pas autant accès que les messieurs. C’est comme ça depuis longtemps et ça n’avance pas très vite !

YOU : C’est triste que cette question se pose ça devrait être naturel. Il y a des hommes, il y a des femmes il y a des passionnées point !

VIRGINIE : Tout à l’heure, en dédicace, il y a eu un moment exceptionnel : une dame est venue se faire dédicacer "Hypathie" et était extrêmement émue. Elle était docteur en physique nucléaire et elle venait de découvrir un album qu'elle avait lu. "Hypathie" était une très grande savante de l’Antiquité qui avait été mise à l’index parce que justement elle gênait de par sa grande connaissance, le fait que ce soit une femme etc… Cette femme qui était là en dédicace nous a dit : "je me suis vue dans l’album !" C’est magique ! Cette femme est docteur en physique nucléaire et quand elle s’avance pour faire des conférences dans des grandes universités ou sur des estrades on la prend pour une hôtesse et qu’elle va tenir le micro. En plus elle est très jolie et il y a un côté péjoratif à la beauté de la femme…

QUESTION : La place de la femme dans la BD c’est la place de la femme dans la société.

CHRISTELLE : Quand on arrêtera de poser la question c’est que nous serons vraiment intégrées et à égalité avec les hommes. Mais ici il y a une démarche de ne prendre que des auteures.

YOU : La femme dans la BD a toujours existé mais la collection aide à ce qu’on se fasse remarquer de manière plus positive, plus évidente ! Montrer que la femme peut avoir son importance tout simplement. Je trouve ça triste qu’on doive se justifier pour quelque chose de naturel.

CHRISTELLE : Quand ce sont des équipes d’hommes en BD on leur pose pas la question :
"ça fait quoi de ne travailler qu’avec des hommes ?" je ne vois pas pourquoi on devrait répondre !

VIRGINIE : Au début ce n’était pas prévu comme ça mais c’est devenu un pied de nez. Si on regarde les albums c’est pratiquement que des équipes d’hommes. Et puis j’ai un vécu, j’ai certains auteurs avec qui je m’entends très bien qui sont des amis avec qui j’aimerais bosser. Quand je leur dis "on ne peut pas réfléchir à un album ensemble ?" la réponse est "mais… tu es une femme, tu comprends si on travaille ensemble ça va me faire fantasmer.." Véridique ! Donc je pense que se dire on va se faire une collection de nanas, il n'y aura pas de promotions canapé pas d’ambigüité et au moins ça fait parler !

YOU : De mon côté je ne sais pas si les dessinatrices ont plus de chances que les scénaristes mais c’est souvent… Pas vraiment un plan drague mais ils sont plus à même de nous proposer des histoires car ils usent de leur statut de scénaristes pour travailler avec des femmes. La femme scénariste est un peu une femme qui dirige et c’est le côté hiérarchique qui peut gêner.

QUESTION : Si vous étiez sorcières ce serait quoi votre pouvoir ?

YOU : Téléportation ! C’est un gain de temps. On va où on veut quand on veut on peut voyager, visiter...

ALEXINE : Lire dans les pensées, savoir ce que tout le monde pense… Je n’ai pas le fantasme de surpuissance. Ou voler... C’est un truc de mec ça !

YOU : Oh si ! J’aimerais bien voler aussi !

CHRISTELLE : Non pas vraiment de pouvoir…

VIRGINIE : Je me sens déjà assez sorcière, mais s’il y’ avait quelque chose ce serait une connaissance, un savoir infini !

YOU: Moi, ce serait plutôt une bonne déduction, une bonne capacité d’analyse !

ALEXINE : Ca te fait déjà 3 pouvoirs !

YOU : C’est comme pour un génie si on me propose 3 vœux je demanderais de pouvoir réaliser tous mes souhaits !

QUESTION : Est-ce qu’en lisant votre BD on aura des oreilles de chat qui poussent ?

ALEXINE : Oui il y a des chances ! You, au départ, était la seule ça se propage. On tente de propager au reste de l’équipe qui n’a pas encore accepté !

YOU : IL Y a un choix… Elles ont refusé elles n’en ont pas.

VIRGINIE : J’ai déjà des chats noirs à la maison ça exprime assez mon côté sorcière !

YOU : C’est que quand je me représente en SD Super déformé je me représente avec des oreilles de chat. Comme je suis asiatique, je me fais avec des yeux en biais ça me fait penser à des yeux de chats alors je me représente avec les oreilles !

QUESTION : Combien de tomes fera la collection et pour quand sont-ils prévus ?

YOU : Le nombre n’est pas prévu, on est sur une logique de constance.

ALEXINE : Deux albums vont sortir en octobre et normalement deux sortiront en début d’année prochaine et ça va continuer comme ça on espère encore longtemps.

VIRGINIE : Ca dépendra du succès de la collection ! Tout dépend de nous !

QUESTION : Ce sera encore des duos uniques ou vous ferez plusieurs albums ?

VIRGINIE : Pour le moment "Bianca" et "Hypathie" sont sortis. Ensuite il y Aura celui de Bénédicte Gourdon et Stéphanie Hans qui s’appelle "Nina" puis "Eva" de Sandrine Revel et ensuite "Jeanne" de Valerie Mangin et Jeanne Pujol. D’autres sont dans les tuyaux et nous, on aimerait en refaire un peut-être ensemble. Tout dépendra du succès de la collection il n’y a pas un nombre d’albums prédéterminés.

QUESTION : Raconter le destin de femmes qualifiées de sorcières n’est pas innocent. Quel message voulez-vous faire passer à travers ce thème ?

VIRGINIE : Eh bien, je trouve, qu’on est dans une période qui a réveillé fanatismes et obscurantismes de tout genre mettant à l’index souvent des femmes… J'ai été aussi attentive à la dernière campagne présidentielle, une femme était candidate. Si vous avez lu les journaux vous avez remarqué qu’elle a agacé son monde et elle s’est fait traiter de sorcière ! En reprenant le mythe d"Hypathie" qui était quelqu’un de très beau de très intelligent de très influent et qui a été l'une des premières sorcières de l’histoire, dans une période charnière d’Alexandrie au 5e siècle avant JC, au moment où les chrétiens tentent d'imposer leur pouvoir dans une cité cosmopolite et tolérante. Ils ont choisi cette femme pour faire un bouc émissaire. Je trouve que la période actuelle est un peu parallèle.

YOU : C'est un peu comme la religion, l'homme est peureux de l'inconnu, l’inconnu c’est une menace. On a créé la religion parce que la mort c’était l’inconnu et la religion calmait les esprits et rassurait les gens en créant les paradis… Pour les sorcières, les hommes avaient peur des femmes qui avaient du pouvoir, ils ont pris le terme sorcière pour justifier le fait que ces femmes pouvaient être supérieures à l'homme. C’était donc négatif de dire "sorcières" à certaines époques mais maintenant il faut revendiquer car la femme peut être supérieur a l'homme mais ne veut pas forcément le détruire nous sommes dans un sens tous égaux et on peut juste vivre en harmonie. Notre thème c'est un témoignage des souffrances de femmes qui demandent à être reconnues en tant que tel.

VIRGINIE : Je reprécise que la sorcière apparait toujours à des périodes charnières de l'histoire, à des moments où il y a des conflits de pouvoir entre différentes traditions et modernité. La grande chasse aux sorcières du 15e s’est cristallisée dans des conflits de religions et des conflits de pouvoir. Il a fallu trouver un bouc émissaire et ce bouc émissaire était souvent la femme.

SHISHI : Est-ce qu'on peut louer des parcelles de la planète de You? :O

YOU : Il faut m'accompagner, mais il n'y a qu'une place dans mon vaisseau... Ma planète c’est comme Dieu, personne n’a de preuves qu’il existe mais tout le monde y croit !

BULLE MAGIQUE : On peut vous suivre sur un blog ou un site entre chaque tome ?

CHRISTELLE : Oui tout à fait ! Le blog peut être retrouvé sur le site sorcières Dupuis et j’ai créé un groupe facebook sorcières qui est aussi alimenté par les auteures avec les infos fraîches, les dédicaces, les previews des futurs albums…

BLABLA456 : Ces sorcières sont quand même vachement mignonnes... Ils sont où les nez crochus?

TOUTES : Y'en a marre des nez crochus et balais!

KURIEUZ : Vous travaillez sur d'autres BD en ce moment ?

CHRISTELLE :Oui j’ai des choses en cours mais rien n’est signé. Je préfère ne pas en parler pour le moment !

VIRGINIE : Un de mes autres albums est sorti récemment dans la série "destins" j'ai fait un tome 2. L’héroïne est confrontée à des choix et au lieu d’avoir une suite linéaire, on suit les deux choix (je fais le choix A). J'ai aussi finalisé un synopsis et je cherche un dessinateur ou dessinatrice. C’est l’histoire d’une petite fille indienne et ca tourne autour du thème de la condition des petites filles dans le monde qui sont un peu sacrifiées en général avec des rebondissements sur l’esclavage moderne. Il faut savoir que même à Paris il y a des esclaves derrière les portes d’appartements dans le 16e ou à Neuilly.

ALEXINE : Quelques projets mais pas signés alors je ne préfère pas en parler. Un projet de série fantastique dans le style soap opéra et un projet sur une collection un peu plus vaste mais tout est en cours.

YOU : J'ai deux projets et demi ! Comme rien n’est signé je devrais m’abstenir mais c’est une question de temps. Un projet est garanti et je vais retravailler pour Dupuis en deux tomes ! Je vais peut-être travailler pour la commission européenne pour un ouvrage traduit en 23 langues sur la réinsertion de personnes qui ont mal tourné. Le demi-projet c'est une idée mais pas de scénario pour le moment. On en parle et nous verrons si une maison d’édition est intéressée.

TOUTES : Des choses ont aussi déjà été écrites pour les sorcières ! Maintenant c’est à Dupuis de choisir !

ALAIN BEDEBOX : Retrouve-t-on certains de vos proches représentés en clin d'œil dans vos BD ?

YOU : Ma grand-mère qui est la petite nonna mais aussi des petits éléments, comme des positions, des mains...

CHRISTELLE : J'ai fait aussi poser des amis pour deux trois poses mais pas de visages en particulier.

VIRGINIE : On se nourrit aussi des autres pour construire ses personnages, aussi bien des proches que d'autres personnes.

TOUTES : On souhaite rendre hommage aux deux coloristes des albums qui ne sont pas là. Il y a Patricia Faucon pour "Hypathie" et Elvire Decoq pour "Bianca". Elles ont fait un travail vraiment fabuleux sur les deux albums avec deux techniques différentes : Couleur directe pour Patricia et numérique pour Elvire. Ce qui est amusant c’est qu’il a fallu imprimer les planches de Christelle qui travaille numériquement alors que la coloriste le fait de manière traditionnelle alors que pour You qui travaille à même la feuille au crayon il a fallu scanner les feuilles pour que la coloriste qui travaille de façon numérique puisse faire son travail ! YOU : Je souhaite remercier Virginie Vertonghen sans qui je ne serais pas là !

INTERVIEWER : Le mot de la fin ?

ALEXINE, YOU, CHRISTELLE ET VIRGINIE : Longue vie aux sorcières ! Et vive les femmes !

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